DĂ©cisions

ADLC, 23 septembre 2013, n° 13-DCC-132

AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE

relative à la prise de contrÎle exclusif de la société Ebrex France par le groupe STEF

L’AutoritĂ© de la concurrence,

Vu le dossier de notification adressĂ© complet au service des concentrations le 19 aoĂ»t 2013, relatif Ă  la prise de contrĂŽle exclusif de la sociĂ©tĂ© Ebrex France par le groupe STEF, formalisĂ©e par une lettre d’intention en date du 1er juillet 2013 et un projet de contrat de cession d’actions ;

Vu le livre IV du code de commerce relatif à la liberté des prix et de la concurrence, et notamment ses articles L. 430-1 à L. 430-7 ;

Vu les Ă©lĂ©ments complĂ©mentaires transmis par la partie notifiante au cours de l’instruction ;

Adopte la décision suivante :

 

I. Les entreprises concernĂ©es et l’opĂ©ration

1. Le groupe STEF (ci-aprĂšs « STEF ») est principalement actif dans le domaine du transport et de la logistique, en particulier en matiĂšre de marchandises pĂ©rissables sous tempĂ©rature dirigĂ©e1. Le groupe STEF comprend quatre pĂŽles opĂ©rationnels respectivement relatifs (i) au transport routier en France2, (ii) Ă  la logistique en France, (iii) aux activitĂ©s du groupe hors de France et (iv) au transport maritime via la sociĂ©tĂ© STIM d’Orbigny. Le groupe STEF est contrĂŽlĂ© conjointement par les entitĂ©s reprĂ©sentant les membres de la direction et les cadres de l’entreprise (Atlantique Management, SELF et SociĂ©tĂ© des Personnels de la FinanciĂšre de l’Atlantique), les salariĂ©s (Fonds commun de placement des salariĂ©s) et des sociĂ©tĂ©s dĂ©tenues par la famille Lemor (UEF). Les actionnaires de STEF ne dĂ©tiennent aucune participation dans d’autres sociĂ©tĂ©s.

2. La société Ebrex France (ci-aprÚs « Ebrex ») est une société spécialisée dans le transport routier de marchandises sous température dirigée en France et dans la fourniture de services logistiques pour les professionnels de la restauration hors foyer (ci-aprÚs « RHF ») en France. Ebrex est contrÎlée par Monsieur Simon Sydney Cohen via la société Ebrex Développement.

3. L'opĂ©ration notifiĂ©e, formalisĂ©e par une lettre d’intention en date du 1er juillet 2013 et un projet de contrat de cession d’actions, consiste en l’acquisition de 100 % du capital et des droits de vote d’Ebrex par STEF. En ce qu'elle se traduit par la prise de contrĂŽle exclusif d’Ebrex par STEF, l'opĂ©ration notifiĂ©e constitue une concentration au sens de l'article L. 430-1 du code de commerce.

4. Les entreprises concernĂ©es ont rĂ©alisĂ© ensemble un chiffre d’affaires hors taxes consolidĂ© sur le plan mondial de plus de 150 millions d’euros au cours du dernier exercice clos (STEF : [
] d’euros pour l’exercice clos le 31 dĂ©cembre 2012 ; Ebrex : [
] d’euros pour le mĂȘme exercice). Chacune d’entre elles a rĂ©alisĂ© en France un chiffre d’affaires supĂ©rieur Ă  50 millions d’euros (STEF : [
] d’euros pour l’exercice clos le 31 dĂ©cembre 2012 ; Ebrex : [
] d’euros pour le mĂȘme exercice). Compte tenu de ces chiffres d’affaires, l’opĂ©ration ne revĂȘt pas une dimension communautaire. En revanche, les seuils de contrĂŽle mentionnĂ©s au I de l’article L. 430-2 du code de commerce sont franchis. Cette opĂ©ration est donc soumise aux dispositions des articles L. 430-3 et suivants du code de commerce relatives Ă  la concentration Ă©conomique.

 

II. Délimitation des marchés pertinents

5. Les activitĂ©s de STEF et d’Ebrex se chevauchent dans les secteurs du transport routier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e et des prestations de services logistiques.

 

A. LES MARCHÉS DE TRANSPORT ROUTIER DE MARCHANDISES SOUS TEMPÉRATURE DIRIGÉE

1. LE MARCHÉ DE SERVICES

6. La pratique dĂ©cisionnelle tant nationale3 qu’europĂ©enne4 a distinguĂ© les marchĂ©s de transport de marchandises proprement dit, relatifs Ă  des prestations limitĂ©es au mouvement physique de biens ou de services, du marchĂ© de l’organisation du transport de marchandises pour le compte de clients en fonction de leurs besoins (« freight forwarding »), sur lequel les opĂ©rateurs proposent des offres combinĂ©es de services pouvant inclure, outre le transport lui-mĂȘme, des services tels que le dĂ©douanement ou le magasinage. Sur le premier marchĂ©, les prestations sont limitĂ©es au mouvement physique de biens et aux services nĂ©cessaires Ă  ce mouvement physique.

7. La pratique dĂ©cisionnelle considĂšre que les diffĂ©rents modes de transport de marchandises ne sont gĂ©nĂ©ralement pas substituables entre eux5. Le choix d’un mode de transport est, en effet, contraint par certains facteurs tels que l’emplacement gĂ©ographique du client ou la nature des biens transportĂ©s. En outre, chaque mode de transport prĂ©sente des caractĂ©ristiques spĂ©cifiques liĂ©es, notamment, aux structures de coĂ»ts et Ă  la durĂ©e du transport. Ainsi, les autoritĂ©s de concurrence opĂšrent une distinction entre le transport aĂ©rien, le transport maritime et le transport terrestre de marchandises, ce dernier Ă©tant subdivisĂ© entre transport par train, par route, par voie navigable et par pipeline6.

8. En l’espĂšce les parties sont simultanĂ©ment actives dans le secteur du transport routier.

9. S’agissant du transport routier de marchandises, plusieurs segmentations ont Ă©tĂ© envisagĂ©es par la pratique dĂ©cisionnelle selon (i) le caractĂšre domestique ou transfrontalier du transport7, (ii) le type de produits transportĂ©s8 (le marchĂ© du transport de matiĂšres dangereuses9 ou de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e10 ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme des marchĂ©s spĂ©cifiques) (iii) le type d’offres proposĂ©es (transport dĂ©diĂ©, transport par camions complets, transport par lot ou groupes de lots, et transport par messagerie)11, et (iv) le mode de conditionnement (transport de marchandises conditionnĂ©es, transport de marchandises en vrac)12.

10. En l’espĂšce, l’opĂ©ration emporte un chevauchement d’activitĂ© sur le marchĂ© du transport routier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e qui se caractĂ©rise par une demande constituĂ©e d’industriels agro-alimentaires (IAA), de professionnels de la restauration hors foyer (RHF), de distributeurs (GMS) et de grossistes qui ne possĂšdent pas leur propre flotte de camions pour la livraison de leurs produits frais et grand froid.

11. Pour ce marchĂ©, la pratique dĂ©cisionnelle13 a envisagĂ© une segmentation selon les diffĂ©rentes catĂ©gories de produits transportĂ©s (fruits et lĂ©gumes, produits carnĂ©s, produits laitiers, etc). Les rĂ©sultats du test de marchĂ© montrent que les segmentations suivantes sont pertinentes : (i) de fruits et lĂ©gumes, (ii) de produits carnĂ©s, (iii) de produits laitiers, (iv) de produits de marĂ©e, (v) de produits congelĂ©s et surgelĂ©s et (vi) d’autres produits.

12. En revanche, la pratique dĂ©cisionnelle14 a considĂ©rĂ© qu’il n’était pas pertinent de retenir une segmentation entre les prestations de transport de produits « grand froid »15 et les prestations de transport de produits frais sous tempĂ©rature dirigĂ©e positive car ces deux types de transport font appel Ă  des Ă©quipements similaires, capables de produire du froid positif comme du froid nĂ©gatif. En effet, la flotte des opĂ©rateurs de transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e est constituĂ©e de camions multi-tempĂ©ratures pouvant ĂȘtre Ă©quipĂ©s de cloisons sĂ©parant des compartiments maintenus Ă  tempĂ©rature diffĂ©rentes. La partie notifiante, de mĂȘme que la majoritĂ© des rĂ©pondants au test de marchĂ©, considĂšrent Ă©galement qu’il n’est pas pertinent de segmenter les prestations de transport de produits frais et de produits grand froid pour les mĂȘmes raisons.

13. Par ailleurs, un rĂ©pondant au test de marchĂ© a suggĂ©rĂ© une segmentation alternative du marchĂ© du transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e en fonction du type d’organisation de l’offre : (i) le transport dĂ©diĂ©, qui consiste en la location de camions avec chauffeurs Ă  des clients ou d’autres chargeurs16, qui gardent ainsi la maĂźtrise de l’organisation des livraisons, dans un pĂ©rimĂštre gĂ©ographique rĂ©duit, (ii) le transport routier par camion complet, le camion Ă©tant affrĂ©tĂ© directement par les chargeurs dans le cadre de contrats traitĂ©s opĂ©ration par opĂ©ration, (iii) le transport par lot ou groupes de lots, qui consiste Ă  collecter des produits, Ă©ventuellement auprĂšs de plusieurs clients, dans une zone gĂ©ographique dĂ©terminĂ©e, Ă  les regrouper et Ă  les acheminer vers les destinataires d’une mĂȘme rĂ©gion et (iv) la messagerie, qui consiste Ă  assurer le transport d’envois constituĂ©s de colis de moins de trois tonnes, provenant de diffĂ©rents chargeurs et adressĂ©s Ă  diffĂ©rents destinataires. Cet opĂ©rateur soutient qu’en dehors des produits carnĂ©s pendus et des produits de marĂ©e, une segmentation par produits n’est pas pertinente. Selon lui, les moyens utilisĂ©s sont les mĂȘmes quels que soient les produits transportĂ©es alors que les moyens et les conditions de la concurrence sont diffĂ©rents selon l’organisation de l’offre choisie. Pour le transport par camion complet il existe ainsi une importante concurrence dans la mesure oĂč aucun matĂ©riel spĂ©cifique n’est requis ; pour le groupage, seules les grosses sociĂ©tĂ©s peuvent fournir des prestations de groupage de transport car elles doivent disposer de plateformes de consolidation ; pour la messagerie, il existe peu d’opĂ©rateurs ayant une couverture nationale (STEF, Ebrex, Norbert, STG et quelques autres).

14. La partie notifiante considĂšre qu’une telle segmentation du marchĂ© selon les diffĂ©rents types d’organisation de l’offre n’est pas pertinente pour les raisons suivantes. Tout d’abord, les quatre types d’organisation de l’offre correspondent Ă  des types de flux qui visent toutes Ă  permettre le transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e par une ou plusieurs techniques opĂ©rationnelles (transport dĂ©diĂ©, camion complet, transport par lot ou groupe de lots, messagerie). Ces diffĂ©rentes techniques opĂ©rationnelles sont utilisĂ©es le cas Ă©chĂ©ant de maniĂšre complĂ©mentaire, pour rĂ©pondre au mieux Ă  la demande du client et en fonction de son portefeuille de flux (en fonction des contraintes horaires devant ĂȘtre respectĂ©es pour les livraisons, des lieux de chargement et de dĂ©chargement des marchandises, et des tempĂ©ratures dirigĂ©es requises), de son fonds de commerce, de son dispositif opĂ©rationnel et de son savoir-faire, de maniĂšre Ă  optimiser le remplissage des vĂ©hicules de sa flotte et les coĂ»ts de transport. De ce fait, mĂȘme si certains transporteurs se sont spĂ©cialisĂ©s dans un type particulier d’organisation, les principaux opĂ©rateurs opĂšrent selon les quatre principaux types d’organisation, qui sont susceptibles d’ĂȘtre combinĂ©s Ă  l’initiative du transporteur, le client n’intervenant pas dans le choix de tel ou tel type d’organisation ou de technique opĂ©rationnelle. Par ailleurs, il n’existe pas de matĂ©riel dĂ©diĂ© Ă  tel ou tel type d’organisation de l’offre, pour lesquelles les opĂ©rateurs de transport utilisent les mĂȘmes types de vĂ©hicule, Ă©quipĂ©s le cas Ă©chĂ©ant d’équipements spĂ©cialisĂ©s pouvant ĂȘtre installĂ©s en option.

15. Il ressort du test de marchĂ© rĂ©alisĂ© auprĂšs des concurrents et clients des parties que la segmentation du marchĂ© du transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e par types d’organisation de l’offre n’est pas pertinente. En effet, Ă  l’exception d’un opĂ©rateur, les concurrents des parties ayant rĂ©pondu au test de marchĂ© considĂšrent que les types d’organisation de l’offre varient en fonction des produits transportĂ©s et que seule cette segmentation est pertinente. Les opĂ©rateurs dans ce secteur sont en effet souvent spĂ©cialisĂ©s sur le transport d’un ou plusieurs types de produits et disposent des Ă©quipements, matĂ©riels et du personnel formĂ© au transport de ces produits. D’ailleurs, l’Union Nationale du Transport Frigorifique (« UNTF ») qui regroupe les principaux transporteurs est elle-mĂȘme organisĂ©e en plusieurs commissions : lĂ©gumes, frais, viandes et surgelĂ©s. Par ailleurs, les transporteurs assurent gĂ©nĂ©ralement les transports en amont et en aval, lesquels rĂ©pondent gĂ©nĂ©ralement Ă  des types d’organisation de l’offre diffĂ©rents, et doivent donc ĂȘtre en mesure d’assurer ces diffĂ©rents types d’organisation de l’offre. S’agissant de la GMS, deux opĂ©rateurs ont soulignĂ© que les clients exigent que chaque type de produits soit livrĂ© sur leur plateforme, si tant est que les mĂȘmes plateformes soient utilisĂ©es pour les diffĂ©rents types de produits, Ă  une heure et un jour dĂ©terminĂ©s et diffĂ©rents par type de produits. De plus, ces clients imposent gĂ©nĂ©ralement au transporteur un cahier des charges qui dĂ©finit un plan de transport (prĂ©cisant notamment les horaires, la frĂ©quence et jour de livraison ainsi que les lieux de chargement et de dĂ©chargement) ainsi que les volumes. En revanche, les moyens mis Ă  disposition pour assurer le transport sont laissĂ©s Ă  l’apprĂ©ciation du transporteur.

16. Au vu de ces Ă©lĂ©ments, les marchĂ©s concernĂ©s par l’opĂ©ration sont les marchĂ©s du transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e, domestique et transfrontaliers, segmentĂ©s, le cas Ă©chĂ©ant par catĂ©gories de produits.

 

2. DÉLIMITATION GÉOGRAPHIQUE DES MARCHÉS

17. La pratique dĂ©cisionnelle17 considĂšre que les marchĂ©s du transport routier de marchandises et leurs Ă©ventuels segments revĂȘtent gĂ©nĂ©ralement une dimension nationale malgrĂ© une tendance Ă  l’europĂ©anisation.

18. Il n’y a pas lieu de remettre en cause cette dĂ©limitation Ă  l’occasion de la prĂ©sente opĂ©ration.

 

B. LES MARCHÉS DE SERVICES LOGISTIQUES

1. LES MARCHÉS DE SERVICES

19. L’AutoritĂ© de la concurrence a dĂ©fini les services logistiques comme associant « les diffĂ©rents maillons d’une chaĂźne d’approvisionnement de marchandises entre un point de dĂ©part et un point d’arrivĂ©e et ce afin de gĂ©rer de maniĂšre optimale le flux et le stockage desdites marchandises. Cette activitĂ© peut s’assimiler Ă  une offre globale, dans la mesure oĂč elle combine un ensemble de services tels que, notamment, le stockage, l’inventaire des stocks, la prise de commandes et le transport de marchandises en un temps et un lieu dĂ©fini par le client »18.

20. Des segmentations plus Ă©troites des services logistiques ont Ă©tĂ© par ailleurs envisagĂ©es par les autoritĂ©s de concurrence nationales, s’agissant notamment des produits « grand froid », transportĂ©s sous tempĂ©rature nĂ©gative19. Les autoritĂ©s de concurrence20 ont Ă©galement envisagĂ© plusieurs segmentations possibles du marchĂ© des prestations logistiques, en fonction notamment de son caractĂšre domestique ou transfrontalier, du type de produits transportĂ©s ou des clients servis (IAA, GMS, RHF)21. La question de la dĂ©finition exacte du marchĂ© est toutefois restĂ©e ouverte.

 

a) Le marché des services logistiques destiné à la RHF

21. Au cas d’espĂšce, la partie notifiante considĂšre que le marchĂ© de services pertinent se limite aux prestations logistiques pour la RHF, seul domaine dans lequel Ebrex est active. Sur le marchĂ©, Ebrex et STEF proposent Ă  leurs clients restaurateurs une offre globale de services (stockage, inventaire des stocks, prise de commande, transport) visant Ă  assurer une gestion optimale du flux et du stockage des produits alimentaires utilisĂ©s par les restaurateurs pour la prĂ©paration des repas. Les restaurateurs attendent de la part de leurs prestataires logistiques une capacitĂ© Ă  fournir les produits dans les bonnes quantitĂ©s en un temps (gĂ©nĂ©ralement entre 6 et 11h le matin) et un lieu dĂ©finis par le client.

22. La partie notifiante considÚre que le marché des prestations de services logistiques pour la RHF se distingue des prestations de services logistiques destinées aux clients GMS pour les raisons suivantes :

- le logisticien RHF doit gĂ©rer une multitude d’interlocuteurs restaurateurs alors que pour la GMS, le logisticien est essentiellement en relation avec les reprĂ©sentants des centrales d’achat ;

- le logisticien RHF doit s’équiper d’entrepĂŽts et de camions tri-tempĂ©ratures (ambiante, frais, surgelĂ©) avec des cloisons supplĂ©mentaires alors que pour les clients de la GMS, les besoins sont soit mono-tempĂ©rature, soit bi-tempĂ©ratures ;

- les prestataires de services logistiques Ă  destination de la RHF doivent disposer d’un savoir-faire spĂ©cifique, notamment inhĂ©rent aux procĂ©dures de sĂ©curitĂ© trĂšs strictes Ă  la livraison des produits ou Ă  la nĂ©cessitĂ© de gĂ©rer des processus de prĂ©paration multiples et complexes (allotis, non allotis, en bac, Ă  l’unitĂ© de consommation), et d’une capacitĂ© d’adaptation aux besoins des clients RHF (les plans de transport doivent ĂȘtre amĂ©nagĂ©s aux crĂ©neaux de rendez-vous demandĂ©s par la RHF, gĂ©nĂ©ralement le matin avant 11h exclusivement) et aux particularitĂ©s de la livraison en zone urbaine ;

- les principaux acteurs de la logistique pour des clients de la GMS et de la RHF ne sont pas les mĂȘmes.

23. Les rĂ©sultats du test de marchĂ© ont confirmĂ© la pertinence d’une segmentation par type de clientĂšle du marchĂ© des services logistiques, et en particulier de la distinction d’un marchĂ© des services logistiques Ă  destination de la RHF. En effet, les rĂ©pondants au test de marchĂ© ont confirmĂ© la spĂ©cificitĂ© des prestations logistiques fournies aux professionnels de la RHF, inhĂ©rente Ă  la nĂ©cessitĂ© de travailler avec des clients multiples, souvent de petite taille, demandeurs de prestations diverses, qui portent sur des produits divers, entreposĂ©s et transportĂ©s sous des tempĂ©ratures diffĂ©rentes, et livrĂ©s Ă  des horaires contraints dans des zones souvent urbaines.

24. La pratique dĂ©cisionnelle22 a Ă©galement envisagĂ© une segmentation du marchĂ© des services logistiques Ă  destination de la RHF entre les services logistiques destinĂ©s Ă  la restauration commerciale chaĂźnĂ©e et les services logistiques destinĂ©s Ă  la restauration commerciale non chaĂźnĂ©e. La partie notifiante considĂšre qu’une telle distinction n’est pas pertinente dans la mesure oĂč ces deux activitĂ©s requiĂšrent un savoir-faire, des compĂ©tences et des capacitĂ©s techniques identiques pour rĂ©pondre Ă  des attentes des clients qui restent fondamentalement les mĂȘmes. STEF reconnaĂźt toutefois que la restauration commerciale non chaĂźnĂ©e est peu reprĂ©sentĂ©e parmi ses clients car, au regard du faible volume d’activitĂ© rĂ©alisĂ©e par ces acteurs individuellement, l’offre des grossistes (tels que Pomona et Transgourmet) rĂ©pond mieux Ă  leurs attentes que celle de prestataires logisticiens.

25. En tout Ă©tat de cause, la dĂ©finition exacte du marchĂ© peut rester ouverte dans la mesure oĂč quelle que soit la dĂ©limitation retenue, les rĂ©sultats de l’analyse concurrentielle demeureront inchangĂ©s.

 

b) Les marchés de services logistiques relatifs aux produits « grand froid » et frais

26. Les autoritĂ©s de concurrence nationales23 ont retenu l’existence d’un marchĂ© des services de logistique relatifs aux produits « grand froid », distinct des autres prestations de logistique24. La catĂ©gorie « grand froid » regroupe les produits qui doivent ĂȘtre conservĂ©s sous tempĂ©rature dirigĂ©e nĂ©gative, tels que les produits congelĂ©s, les produits surgelĂ©s et les crĂšmes glacĂ©es. L’existence d’un marchĂ© distinct des services de logistique relatifs aux produits frais a Ă©galement Ă©tĂ© envisagĂ©e25. La catĂ©gorie « frais » regroupe les produits qui doivent ĂȘtre conservĂ©s sous tempĂ©rature dirigĂ©e positive. Les produits « grand froid » se distinguent des produits frais en raison d’une tempĂ©rature de conservation beaucoup plus basse (infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  -12°C pour les produits congelĂ©s oĂč Ă  -18°C pour les produits surgelĂ©s) et de durĂ©es de conservation plus longues qui nĂ©cessitent des techniques et un savoir-faire spĂ©cifiques.

27. Les parties considĂšrent qu’une telle segmentation entre services logistiques relatifs aux produits « grand froid » et aux produits frais n’est pas pertinente, en particulier pour les services logistiques fournis Ă  la RHF, pour lesquels les volumes livrĂ©s sont bien plus faibles que ceux qui sont traitĂ©s pour des clients distributeurs de produits alimentaires (GMS) ou de l’industrie agro-alimentaire. En consĂ©quence les clients RHF seraient demandeurs de prestations logistiques relatives Ă  des produits « grand froid » et frais permettant d’optimiser les coĂ»ts logistiques.

28. Les rĂ©sultats du test de marchĂ© tendent cependant Ă  confirmer la pertinence d’une distinction entre les services logistiques relatifs aux produits « grand froid » et les services logistiques relatifs aux produits frais. En effet, les techniques d’entreposage et les processus de traitement des flux de ces deux types de produits sont diffĂ©rents. Alors que les produits « grand froid » sont gĂ©nĂ©ralement stockĂ©s pendant des pĂ©riodes longues dans des entrepĂŽts Ă©quipĂ©s d’une technologie spĂ©cifique et soumis Ă  des procĂ©dures de contrĂŽle adaptĂ©es au suivi de la chaĂźne du froid, les produits frais font quant Ă  eux l’objet d’un entreposage plus court, moins rĂ©glementĂ©, et d’une gestion des stocks plus souple, permettant la rĂ©partition de flux de plus petits volume, adaptĂ©s Ă  la demande. En l’espĂšce, STEF et Ebrex sont prĂ©sents simultanĂ©ment dans le secteur des services logistiques relatifs aux produits « grand froid » et frais.

29. En tout Ă©tat de cause, la dĂ©finition prĂ©cise du marchĂ© des services logistiques peut rester ouverte dans la mesure oĂč, quelle que soit la dĂ©finition retenue, l’analyse concurrentielle ne s’en trouvera pas modifiĂ©e.

 

C. LE MARCHÉ GÉOGRAPHIQUE

30. La plupart des marchés de prestations logistiques ont été définis par la pratique décisionnelle26 comme étant de dimension nationale, ce que confirme la partie notifiante.

31. S’agissant plus prĂ©cisĂ©ment du marchĂ© des services de logistique relatifs aux produits « grand froid », les autoritĂ©s de concurrence nationales ont retenu une dimension rĂ©gionale27.

32. Il n’y a pas lieu de remettre en cause cette dĂ©limitation Ă  l’occasion de la prĂ©sente dĂ©cision.

 

III. Analyse concurrentielle

A. ANALYSE DES EFFETS HORIZONTAUX

33. STEF et Ebrex sont simultanĂ©ment prĂ©sents sur les marchĂ©s du transport routier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e et sur les marchĂ©s des services logistiques, sur lesquels il convient de mener l’analyse concurrentielle.

1. LES MARCHÉS DE TRANSPORT ROUTIER DE MARCHANDISES SOUS TEMPÉRATURE DIRIGÉE

a) La position des parties Ă  l’issue de l’opĂ©ration

34. Sur le marchĂ© du transport transfrontalier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e et ses diffĂ©rents segments, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties est infĂ©rieure Ă  [5-10] %, l’incrĂ©ment liĂ© Ă  l’opĂ©ration Ă©tant infĂ©rieur Ă  [0-5] % du fait de la faible prĂ©sence d’Ebrex sur ces segments de marchĂ©.

35. Sur le marchĂ© du transport routier domestique de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e, dont la taille a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e par les parties Ă  5,5 milliards d’euros, les parts de marchĂ© des parties seraient de [20-30] % ([10-20] % pour STEF et [0-5] % pour Ebrex) devant de nombreux autres transporteurs tels que STG ([5-10] %), Perrenot ([0-5] %), Delanchy ([0-5] %), Olano ([0-5] %) et Celsius ([0-5] %). L’offre de prestations de services de transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e est assurĂ©e par plus de 400 opĂ©rateurs, prĂ©sents sur tout ou partie du territoire nationale. Les opĂ©rateurs de transport disposant d’une couverture nationale sont assez peu nombreux (notamment STG, Olano, Martin Brower, Delanchy et Perrenot) mais de nombreuses autres entreprises de transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e de taille plus rĂ©duite, qui disposent d’implantations dans une ou plusieurs rĂ©gions, constituent Ă©galement une contrainte concurrentielle. Les rĂ©ponses au test de marchĂ© ont en effet confirmĂ© l’existence d’une concurrence effective entre les entreprises, certes peu nombreuses, disposant d’une couverture nationale du territoire, et les opĂ©rateurs de plus petite taille disposant d’une implantation plus rĂ©gionale.

36. Sur les segments de marché du transport routier de marchandises sous température dirigée par catégories de produits, les parts de marchés estimées par les parties sont les suivantes :

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37. Sur le segment du transport de produits de marĂ©e, l’opĂ©ration ne donne lieu Ă  aucun chevauchement d’activitĂ©s.

38. Sur les segments du transport routier de produits laitiers, de produits congelĂ©s et surgelĂ©s, et d’autres produits sous tempĂ©ratures dirigĂ©e, la nouvelle entitĂ©, dĂ©jĂ  leader, voit sa position faiblement renforcĂ©e.

39. Sur le segment des produits congelés et surgelés, les parties seront confrontées à la concurrence de STG ([10-20] %), Olano ([5-10] %), Madrias ([5-10] %), Le Calvez ([0-5] %) et Norbert Dentressangle ([0-5] %).

40. Sur le segment du transport de produits laitiers, la nouvelle entité sera confrontée à la concurrence de STG ([10-20] %), Postic ([0-5] %), Antoine & Cie ([0-5] %) et Lahaye ([0-5] %).

41. Sur le segment du transport de produits carnĂ©s, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties s’élĂšve Ă  [30-40] %. La nouvelle entitĂ© sera confrontĂ©e Ă  la concurrence de STG ([10-20] %), Antoine & Cie ([5-10] %), Delanchy ([0-5] %), Olano ([0-5] %), Postic ([0-5] %), Lahaye ([0-5] %), ainsi que de nombreux opĂ©rateurs de transport rĂ©gionaux. Le test de marchĂ© a en effet confirmĂ© la capacitĂ© des opĂ©rateurs de transport ne disposant pas d’une couverture nationale Ă  concurrencer les opĂ©rateurs disposant d’une couverture nationale du territoire, tels que STEF.

42. En consĂ©quence, l’opĂ©ration n’est pas de nature Ă  porter atteinte Ă  la concurrence sur les marchĂ©s du transport de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e par le biais d’effets horizontaux.

2. LES MARCHÉS DE SERVICES LOGISTIQUES

43. STEF Ă©value la taille globale du marchĂ© de la logistique pour la RHF en France Ă  2,53 milliards d’euros28. Sur ce marchĂ©, les parties dĂ©tiennent une part de marchĂ© cumulĂ©e de [0-5] % ([0-5] % pour STEF et [0-5] % pour Ebrex). L’offre sur ce marchĂ© demeure trĂšs atomisĂ©e, et les principaux acteurs en France restent Pomona ([10-20] %), Transgourmet ([5-10] %), C10 ([0-5] %), Heineken ([0-5] %) et Eurofrais ([0-5] %).

44. Sur un marchĂ© plus Ă©troit circonscrit Ă  la restauration commerciale chaĂźnĂ©e, d’une valeur estimĂ©e par STEF Ă  392 millions d’euros, la nouvelle entitĂ© dĂ©tiendrait une part de marchĂ© de [10-20] % (STEF : [5-10] %, Ebrex : [5-10] %). Elle ferait face aux mĂȘmes concurrents que pour la RHF en gĂ©nĂ©ral, ainsi qu’à des spĂ©cialistes de la restauration chaĂźnĂ©e tels que LR Services et Panapro. Sur le segment des services logistiques destinĂ©s Ă  la restauration commerciale non chaĂźnĂ©e, les parties Ă  l’opĂ©ration dĂ©tiennent une part de marchĂ© cumulĂ©e qui s’élĂšve Ă  [0-5] %.

45. Sur les marchĂ©s de services logistiques relatifs Ă  des produits frais, la nouvelle entitĂ© dĂ©tiendrait une part de marchĂ© de [10-20] % mais avec un chevauchement d’activitĂ©s trĂšs faible (de l’ordre de [0-5] %). De plus, sur le segment des services logistiques relatifs aux produits frais destinĂ©s Ă  la RHF, seul segment sur lequel les activitĂ©s des parties se chevauchent, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties s’élĂšve Ă  [0-5] % et la nouvelle entitĂ© fait face Ă  la concurrence d’opĂ©rateurs spĂ©cialisĂ©s dans la fourniture de services logistiques Ă  destination de la RHF tels que Pomona et Transgourmet.

46. Sur les marchĂ©s rĂ©gionaux de services logistiques relatifs Ă  des produits « grand froid » oĂč les activitĂ©s des parties se chevauchent, les parts de marchĂ© des parties sont les suivantes :

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47. Dans les régions Centre, Limousin/Auvergne, PACA/Languedoc- Roussillon et en Ile de France, la part de marché cumulée des parties est inférieure à [10-20] % sur le marché des services logistiques relatifs aux produits « grand froid », et inférieure à [5-10] % sur le segment RHF.

48. Dans la zone Pays de la Loire/Poitou Charentes, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties sur le marchĂ© des services logistiques « grand froid » atteint [20-30] % mais l’opĂ©ration n’entraĂźnera qu’un faible incrĂ©ment ([0-5] %) et la nouvelle entitĂ© fera face Ă  la concurrence d’opĂ©rateurs spĂ©cialisĂ©s tels que Sofrilog ([30-40] % de parts de marchĂ©), Mutual Logistics ([10-20] %), Antoine ([5-10] %) et le groupe Viol ([0-5] %). En outre, sur le segment RHF, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties est infĂ©rieure Ă  [0-5] %.

49. Dans la zone Lorraine/Champagne Ardennes, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties sur le marchĂ© des services logistiques « grand froid » atteint [30-40] %, avec un incrĂ©ment de [0-5] %. Elles seront nĂ©anmoins confrontĂ©es Ă  la concurrence d’opĂ©rateurs spĂ©cialisĂ©s tels que Frigo Val de Meuse ([10-20] %), Olano ([5-10] %), EntrepĂŽt frigorifiques Migennes ([5-10] %) ou encore Sofrilog ([0-5] %). De plus, sur le segment RHF, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties n’est que de [10-20] %, avec un incrĂ©ment trĂšs faible ([0-5] %).

50. Compte tenu de ces Ă©lĂ©ments, l’opĂ©ration n’est pas de nature Ă  porter atteinte Ă  la concurrence par le biais d’effets horizontaux sur les marchĂ©s de services logistiques.

B. ANALYSE DES EFFETS CONGLOMÉRAUX

51. Ebrex et le groupe STEF sont prĂ©sents sur les marchĂ©s connexes du transport routier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e et des services logistiques. Il convient donc d’analyser les effets conglomĂ©raux induits par l’opĂ©ration sur ces marchĂ©s.

52. La pratique dĂ©cisionnelle des autoritĂ©s de concurrence Ă©carte en principe les risques d’atteinte Ă  la concurrence par le biais d’effets conglomĂ©raux lorsque la part de marchĂ© de l’entreprise issue de l’opĂ©ration sur les marchĂ©s concernĂ©s ne dĂ©passe pas 30 %.

53. Or, en l’espĂšce, la part de marchĂ© cumulĂ©e des parties est de [20-30] % sur le marchĂ© du transport routier domestique de marchandises sous tempĂ©ratures dirigĂ©e et n’est supĂ©rieure Ă  30 % que sur le segment du transport de produits carnĂ©s sous tempĂ©rature dirigĂ©e oĂč la part de marchĂ© des parties atteint [30-40] %. S’agissant des marchĂ©s de services logistiques, les parties ne reprĂ©sentent que [0-5] % du marchĂ© des services logistiques Ă  destination de la RHF. Celles-ci dĂ©tiennent une part de marchĂ© cumulĂ©e de [10-20] % sur le marchĂ© des prestations logistiques relatives aux produits frais, et une part de marchĂ© de [0-5] % sur le marchĂ© des services logistiques relatives aux produits frais Ă  destination de clients RHF. Sur les marchĂ©s rĂ©gionaux de la logistique « grand froid », la part de marchĂ© cumulĂ©e de STEF et d’Ebrex n’excĂšde [10-20] % que dans les rĂ©gions Lorraine/Champagne-Ardennes, oĂč elle atteint [30-40] % ([10-20] % sur le segment RHF), et Pays de Loire/Poitou Charentes oĂč elle atteint [20-30] % ([0-5] % sur le segment RHF).

54. Par ailleurs, si le couplage de prestations de transport et de prestations logistiques peut ĂȘtre mis en oeuvre, cette pratique n’est pas systĂ©matique et les clients conservent une autonomie importante dans le choix de leurs prestataires. La partie notifiante indique que les clients de l’industrie agro-alimentaire lancent gĂ©nĂ©ralement des appels d’offres sĂ©parĂ©s pour les services d’entreposage et de transport sous tempĂ©rature dirigĂ©e, tandis que les clients de la GMS et de la RHF demandent parfois Ă  leurs prestataires de leur fournir une prestation globale incluant services logistiques et services de transport. Cependant, seulement [
] % des clients des services de transport de STEF ([
] % pour Ebrex) font Ă©galement appel Ă  ses services de logistique. La partie notifiante a Ă©galement prĂ©cisĂ© qu’à l’exception de certains clients de la RHF, les clients de services logistiques et de transport qui choisissent des offres combinĂ©es ne le font que pour une partie de leur besoins. Cela est confirmĂ© par le test de marchĂ©.

55. De plus, Ă  l’issue de l’opĂ©ration, la nouvelle entitĂ© constituera le seul opĂ©rateur disposant d’une prĂ©sence forte sur le marchĂ© national de services logistiques relatifs aux produits frais, sur certains marchĂ©s rĂ©gionaux de services logistiques et sur le marchĂ© national du transport routier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e. NĂ©anmoins les parties indiquent, conformĂ©ment Ă  ce qui a Ă©tĂ© relevĂ© par la pratique dĂ©cisionnelle29, que les transporteurs nationaux, tels que STG, Olano, Kuehne & Nagel et Norbert Dentressangle, sont en mesure de proposer des offres combinĂ©es logistique/transport sur l’ensemble du territoire. Il en est de mĂȘme des prestataires de services logistiques notamment « grand froid », tels que Sofrilog, qui sont en mesure d’avoir recours, comme commissionnaires de transport, Ă  un grand nombre de prestataires de transport de dimension nationale ou locale.

56. Au regard de ces Ă©lĂ©ments, l’opĂ©ration n’est pas de nature Ă  porter atteinte Ă  la concurrence par le biais d’effets conglomĂ©raux sur les marchĂ©s du transport routier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e et des services logistiques.

 

DECIDE

Article unique : L’opĂ©ration notifiĂ©e sous le numĂ©ro 13-108 est autorisĂ©e.

 

NOTES :

1 Le transport sous température dirigée peut se définir comme le transport effectué dans des véhicules isothermes, réfrigérants, frigorifiques ou, éventuellement calorifiques de denrées altérables ou non stables à température ambiante.

2 Le pĂŽle transport routier du groupe STEF est organisĂ© autour de la sociĂ©tĂ© STEF Transport et de ses filiales. Le groupe STEF, via la sociĂ©tĂ© STEF Transport, exerce notamment un contrĂŽle conjoint sur la sociĂ©tĂ© Transcosatal Finances (TSFI) aux cĂŽtĂ©s des sociĂ©tĂ©s Satar et Chabas. L’opĂ©ration ayant conduit Ă  la prise de contrĂŽle conjoint de la sociĂ©tĂ© TSFI par les sociĂ©tĂ©s Satar, Chabas et STEF Transport a Ă©tĂ© autorisĂ©e par l’AutoritĂ© de la concurrence dans sa dĂ©cision 11-DCC-79 du 16 mai 2011.

3 Voir les dĂ©cisions de l’AutoritĂ© de la concurrence 13-DCC-02 du 7 janvier 2013, relative Ă  la crĂ©ation d’une entreprise commune par les sociĂ©tĂ©s RoutiĂšre de l’Est Parisien et Compagnie Maritime Marfret, 11-DCC-79 du 16 mai 2011 relative Ă  la prise de contrĂŽle conjoint de Transcosatal Finances par les sociĂ©tĂ©s Satar, Chabas et STEF-TFE Transport, et 09-DCC-13 du 16 juin 2009, relative Ă  la prise de contrĂŽle exclusif des sociĂ©tĂ©s Giraud CEE et Giraud SidĂ©rurgie par la sociĂ©tĂ© Geodis.

4 Voir les décisions de la Commission européenne COMP/M.5096 RCA / MAV Cargo du 25 novembre 2008, et COMP/M.6059, Norbert Dentressangle / Laxey logistics du 21 mars 2011.

5 Voir notamment les décisions n° COMP/M.5096, n°09-DCC-13 et n° 11-DCC-79 précitées.

6 Voir notamment la décision de la Commission européenne COMP/M.4746 Deutsche Bahn/EWS du 6 novembre 2007.

7 Voir la décision 09-DCC-13 précitée.

8 Voir les lettres du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie C2004-85 du 2 septembre 2004 relative Ă  une concentration dans le secteur des transports routiers de produits pĂ©troliers, C2005-116 du 9 dĂ©cembre 2005 relative Ă  une concentration dans le secteur du transport routier de marchandises sous tempĂ©rature dirigĂ©e et C2005-36 du 6 janvier 2006 au conseil de la sociĂ©tĂ© STEF-TFE, relative Ă  une concentration dans le secteur de l’entreposage frigorifique et la dĂ©cision de l’AutoritĂ© de la concurrence 11-DCC-33 du 24 fĂ©vrier 2011 relative Ă  la prise de contrĂŽle exclusif de la sociĂ©tĂ© SAS Transports Roger et Cie et du fonds de commerce de la sociĂ©tĂ© Renaud Distribution par la sociĂ©tĂ© Transport G Gautier.

9 Voir la lettre du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie C2004-85 prĂ©citĂ©e et la dĂ©cision de la Commission europĂ©enne COMP/M.6059 prĂ©citĂ©e.

10 Voir les lettres du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie 2005-36, C2005-116

11 Voir notamment les lettres du ministre de l’économie C2007-70 du 4 juillet 2007 au PrĂ©sident Directeur GĂ©nĂ©ral de la sociĂ©tĂ© Transalliance SA, relative Ă  une concentration dans le secteur des transports routiers de marchandises, C2006-130 du 7 dĂ©cembre 2006 Butler Capital Partners / Sernam , et les dĂ©cisions de l’AutoritĂ© de la concurrence 09-DCC-13 prĂ©citĂ©e, 09-DCC-74 du 14 dĂ©cembre 2009 relative Ă  la prise de contrĂŽle exclusif de la sociĂ©tĂ© Lovefrance SAS par la sociĂ©tĂ© Groupe Berto et 11-DCC-206 du 27 dĂ©cembre 2011 relative Ă  la prise de contrĂŽle exclusif d’actifs du groupe Mory par la sociĂ©tĂ© Caravelle.

12 Voir la décision 09-DCC-13 précitée et la lettre C2005-110 en date du 29 novembre 2005 relative à une concentration dans les secteurs du transport routier de marchandises et de la logistique.

13 Voir notamment la dĂ©cision de l’AutoritĂ© de la concurrence 11-DCC-79 prĂ©citĂ©e.

14 Voir la lettre du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie C2005-36.

15 Les produits « grand froid » sont les produits conservĂ©s sous tempĂ©rature dirigĂ©e nĂ©gative : les produits congelĂ©s, les produits surgelĂ©s et les crĂšmes glacĂ©es (Voir notamment la lettre du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie C2005-36).

16 Un chargeur est une personne physique ou morale qui effectue la mise en place et dispose les marchandises dans un vĂ©hicule de transport. Le chargeur peut ĂȘtre le client lui-mĂȘme, son prestataire de services de transport ou parfois un commissionnaire de transport.

17Voir notamment la dĂ©cision de la Commission europĂ©enne COMP/M.6059 prĂ©citĂ©e, et les dĂ©cisions de l’AutoritĂ© de la concurrence 09-DCC-13 et 11-DCC-79 prĂ©citĂ©es.

18 Voir notamment la dĂ©cision de l’AutoritĂ© de la concurrence 09-DCC-13 prĂ©citĂ©e.

19 Voir notamment la décision n° 11-DCC-79 du 16 mai 2011 relative à la prise de contrÎle exclusif de sociétés Giraud CEE et Giraud Sidérurgie par la société Giraud.

20 Voir notamment la dĂ©cision de la Commission europĂ©enne n° COMP/M.6059 – Norbert Dentressangle/Laxey Logistics du 23 avril 2011 et la dĂ©cision n° 12-DCC-137 du 21 septembre 2012 relative Ă  la prise de contrĂŽle exclusif de la sociĂ©tĂ© KL Services par le groupe STEF.

21 Voir notamment la dĂ©cision de la Commission europĂ©enne n° COMP/M.6059 – Norbert Dentressangle/Laxey Logistics du 23 avril 2011.

22 Voir la dĂ©cision de l’AutoritĂ© de la concurrence 12-DCC-137 prĂ©citĂ©e.

23 Voir la lettre du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie C2005-36 prĂ©citĂ©e et la dĂ©cision de l’AutoritĂ© de la concurrence 11-DCC-79 prĂ©citĂ©e.

24 Voir la lettre du ministre C2005-36 précitée.

25 Voir la dĂ©cision de l’AutoritĂ© de la concurrence 11-DCC-79 prĂ©citĂ©e.

26 Voir notamment la dĂ©cision n° 11-DCC-206 du 27 dĂ©cembre 2011 relative Ă  la prise de contrĂŽle exclusif d’actifs du groupe Mory par la sociĂ©tĂ© Caravelle.

27 Voir la lettre du ministre C2005-36 prĂ©citĂ©e, ainsi que la dĂ©cision de l’AutoritĂ© de la concurrence 11-DCC-79.

28 Les informations relatives Ă  la taille et aux parts de marchĂ© sont basĂ©es sur des donnĂ©es issues d’une Ă©tude « Panorama de la distribution des produits alimentaires et des boissons Ă  la CHD – France 2011, avril 2012 » rĂ©alisĂ©e par le cabinet Gira Foodservice, donnĂ©es que la partie notifiante a le cas Ă©chĂ©ant corrigĂ©es selon des modalitĂ©s qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause dans le cadre de la prĂ©sente affaire.  

29 Voir la lettre du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie C2005-36 prĂ©citĂ©e.